Écrit par Mathieu Dufort.
Mercredi 17 juin 2026 : excursion dans le vieux Rimini
Depuis le début du tournoi, nous avions une table attitrée dans l’espace de restauration. Nous nous la sommes fait piquer ce matin. Pas grave, cela nous a permis de nous mettre près des fenêtres pour profiter de l’air frais matinal.
Malgré la douche et les vêtements propres, Olivier trouve que Mathieu sent la pizza au petit déjeuner.
La ballade du matin est composée d’Olivier, Danièle, Mathieu, Yann et Démian.
Le temps est agréable à l’ombre des arbres qui bordent la rue et les discussions s’enchainent.
Yann profite de la ballade pour refaire sa réserve de tabac. Il n’est pas très cher en Italie.
Démian a bien compris qu’on fini toujours nos ballades par une glace désormais. Aujourd’hui, c’est composition 4 2 2 1 1 chez le glacier mais il n’y a pas de sports avec une telle composition.
Retour à l’hôtel où nous attend notre copain l’escargot géant. D’après la réception de l’hôtel, il n’y a pas de raison particulière pour un escargot. C’est juste que ça permet de repérer l’hôtel de loin quand on est dans la rue principale.
Mathieu et Yann attendent l’ascenseur au rez-de-chaussée. Quand elle arrive, Danièle leur demande ce qu’ils font. Pris dans la conversation, ils n’ont pas vu que l’ascenseur était là depuis leur arrivée…
Pas de réunion d’équipe aujourd’hui, donc Mathieu en profite pour essayer de faire prendre en main le moteur d’analyse de lichess à Yann pendant que les autres membres de la délégation vaquent à leurs occupations.
Au menu du midi, jambon de poulet avec une sauce sucrée.
Spaghetti avec une sauce épicée, pâtes à la sauce tomate ou bolognaise en plat 1.
Poulet au curry en plat 2.
Panacotta, fruits ou sorbet au café en dessert.
À la table voisine, 3 joueurs italiens regardent leur téléphone. Un de très près, deux autres tout à fait normalement…
À chaque repas, on a droit à 2 fourchettes et 2 couteaux. Ça fait une table assez chargée et les joueurs prennent régulièrement les couverts de leurs voisins.
On décide de nos plats la veille mais personne ne se rappelle de ce qu’il a pris quand les plats arrivent le lendemain. Après le passage du serveur, il y a souvent valse des assiettes pour que tout le monde ait un plat correspondant plus ou moins à son choix. Pour y remédier, on a commencé à faire une photo du papier sur lequel nous donnons notre sélection.
Dès qu’on a fini un plat, Danièle empile nos assiettes. Il ne faudrait pas la forcer beaucoup pour qu’elle ramène tout en cuisine et fasse la plonge.
À 14h30, c’est rassemblement général de toutes les équipes devant l’hôtel pour l’excursion.
Rimini est une des plus grandes stations balnéaires d’Italie avec ses 15km de plage et 150000 habitants. Elle est souvent montré comme symbole de la bétonisation des littoraux de la mer Adriatique dans la deuxième moitié du XXème siècle. (riminisation).
Parmi les célébrités, le cinéaste Federico Fellini (1920-1993), et le dessinateur de bédés Hugo Pratt (1927-1995) y sont nés et le cycliste Marco Pantani, vainqueur du tour de France y est mort en 2004.
Aujourd’hui, nous allons voit le coeur historique de Rimini avec les vestiges de l’Antiquité et de la Renaissance.
Un Italien nous demande si on a des ruines romaines en France. Il n’a pas l’air convaincu quand on lui parle du pont du Gard, des arènes de Nimes ou de Lutèce.
Plusieurs taxis nous amènent Sous l’arc d’Auguste, début de notre périple historique.
Nous nous regroupons dessous à l’ombre, bouchant le passage pour les nombreux cyclistes passant par là.
Nous avons une guide qui parle italien et deux interprètes pour traduire en français et en anglais.
L’arc est fait en pierres blanches d’Istres et marque le chemin pour aller à Rome, C’est bête, tous les chemins y mènent, pas besoin d’un poteau indicateur.
Des gants sont distribués aux malvoyants pour pouvoir toucher les reliefs et frises du monuments sans le dégrader.
Après avoir pris un passage sous des arches, nous pouvons admirer pour certains et tripoter pour d’autres les bas relief du temple Malatesta, une cathédrale catholique de la Renaissance. On peut notamment reconnaître des grand S, des éléphants et des échiquiers.
Petite pause fraicheur avec la visite de la cathédrale. Il y a une sorte d’énorme dos d’âne avant de rentrer dedans. À l’intérieur, nous pouvons voir/toucher des sculptures de lézards et de raisins.
Les personnes ayant gardé leurs couvre-chefs à cause de l’hypersensibilité à la lumière se font incendier par le prêtre. Dieu, si il existe, lui pardonnera son manque de tact.
Nous ressortons de l’église pour aller sur une place où Jules César aurait harangué ses troupes avant d’aller prendre Rome juste après avoir franchi le Rubicon.
Notre interprète a du mal à assurer sa mission, entre la guide italienne qui parle vite et sans s’arrêter pour laisser le temps de traduire et notre groupe qui a justement du mal à rester groupé autour d’elle. On finit par écouter la guide italienne et demander des précisions à notre interprète sur les points que nous n’avons pas compris en italien.
Nous allons ensuite sur la place des martyrs. Trois personnes y ont été pendus en juin 1944.
Ensuite nous passons par un minuscule temple. En 1225, le miracle eucharistique où saint Antoine de Padoue aurait fait faire une génuflexion à un âne devant une hostie consacrée dans le but de convertir un homme aurait eu lieu ici. L’histoire ne dit pas si l’hostie était à la carotte pour motiver l’âne.
Le templs est aussi en hommage à un autre miracle avec une histoire de poisson que l’on commémore chaque année avec un jeu utilisant un frezzbee (si, si, vous avez bien lu, on a demandé confirmation à notre interprète).
Une petite marche dans les rues étroites nous amène à une autre place des martyrs et à la visite du musée de Rimini dans la maison d’un médecin du IIIème siècle.
Nous perdons alors les Slovènes qui préfèrent aller boire un verre.
Nous voyons d’abord une zone de fouille avec ce que l’on trouve dans les différentes strates sous nos pieds. Comme en France, on tombe sur pleins de “trésors” archéologiques qui retardent l’avancement des travaux.
Ensuite, nous traversons une galerie de tableaux avant de voir et toucher les instruments médicaux qu’utilisait le médecin a qui appartenait cette maison au IIIème siècle. Il y a une cuillère trouée qui permettait l’extraction de flèches et des scalpels rudimentaires. La blague de la guide est de dire que ça servait aussi à couper la pizza de l’époque.
Nous perdons Elisabeth et Théo a ce moment de la visite qui préfèrent aller se rafraichir aux toilettes et aller profiter de l’agréable petite brise dans la cour intérieur de la maison.
La visite se poursuit avec la chambre et ses sculptures de gorgones qui donne de la chance quand on les touchent (pas rassurant chez un médecin…), puis le cabinet du médecin (pas d’infos sur le prix de la consultation et si il prenait la carte vitale) pour finir sur deux grandes mosaïques que l’on peut exceptionnellement toucher.
Après une pause pipi générale, c’est sortie du musée et quartier libre jusqu’à retour des taxis.
Notre interprète qui en a bien bavé court s’acheter une glace avant qu’il n’y ait trop de monde.
Avec son talent naturel pour ça, le groupe France repère immédiatement le bistro le plus proche. La serveuse est très tactile. Il n’y a pas que les statues qui se sont fait toucher aujourd’hui. Les joueurs italiens qui ont eu la même idée que nous nous offrent nos consommations.
La queue qui s’était formées devant le glacier se résorbe enfin et Elisabeth et Mathieu partent en éclaireur pour prendre des glaces et en ramener à Démian et Olivier. Il n’est pas évident de comprendre les différents types de cônes et ce que l’on peut mettre dedans. Au moins, fragolla, on sait que c’est fraise.
Comme on met un peu de temps à comprendre et se faire comprendre, une vieille dame derrière nous demande aux employées de nous mettre dehors pour avoir sa glace plus vite. Merci pour l’hospitalité.
Finalement, on sort avec nos 4 cônes. Pas mauvais, mais plus cher et moins bon que notre glacier habituel du matin.
Il ya beaucoup de vélos qui passent et peu de trotinettes. On sent que c’est une habitude prise depuis longtemps d’utiliser le vélo pour se déplacer, profitant du climat qui doit être tempéré même en hiver.
Enfin, c’est le regroupement général et l’arrivée des taxis pour un retour à l’hôtel à 18h50, un peu fourbus mais heureux de notre visite.
Au diner, on a droit à la boule à facettes et à un chanteur nous interprétant des chansons plus ou moins connues en italien.
C’est sympa mais le son est un peu trop fort pour être agréable.
Au menu, soupe de poix en entrée.
Pâtes à la romaine en plat 1.
Saucisses, ribbs de porc et poulet cuit au barbecue avec oignon et tomate en plat 2.
Cake au citron avec crème pâtissière ou fruits en dessert.
Les joueurs vont se coucher de bonne heure. Les accompagnants sortent sur la terrasse pour profiter de la fin du tour de chant.
La ville de Rimini est étonnamment bruyante la nuit. Il n’est pas rare de n’avoir le calme qu’après 5h du matin et le lever du soleil. Compliqué de dormir la fenêtre ouverte.
Jeudi 18 juin : Ronde 5 contre l’Italie 2.
Pour changer et profiter de l’air encore un peu frais, le petit- déjeuner est délocalisé pour nous sur la terrasse.
Le jus d’orange s’est bien amélioré, puisque c’est devenu du jus multifruit tout à fait buvable.
Danièle nous apprend quelle est finalement redescendu hier pour boirs un mojito avec Elisabeth en écoutant le chanteur venu pour le diner.
Théo et Elisabeth doivent aller faire les bijouteries pour trouver un petit quelque chose sympa à ramener.
Olivier, Danièle et Mathieu font une liste de courses et partent pour leur ballade habituelle.
Au programme du supermarché, de la boisson, encore du limoncello, des pringles et des lingettes.
Mathieu a eu droit à un bravissimo de la caissière quand il a réussit à faire son code PIN de carte bleue du premier coup. On sentait que ça venait du coeur et on a bien rigolé.
Au retour, arrêt à notre glacier habituel en mode 4 2 1 où le 1 n’est plus un café mais un smoothy.
le glacier fait aussi des paninis. Mathieu a tenté mais en fait c’est un sandwich normal, quoique que très bon. Il faut sans doute préciser quelque chose si on veut avoir un panini réchauffé entre deux plaques.
Une Dame s’est arrêté pour demander de l’eau pour son labrador qu’elle tirait sur une sorte de niche à roulettes. C’est sans doute une guide pour chien aveugle…
Malgré l’heure matinale il fait déjà chaud et c’est à la limite du supportable en plein soleil. Les commerçants sont en train de se faire livrer et profite du temps devant leurs boutiques à l’ombre des arbres qui bordent la rue. Certains nous reconnaissent et nous saluent avec enthousiasme.
Nous en profitons pour acheter quelques herbes aromatiques pour cuisiner en rentrant.
Tout n’est pas de bon goût dans les magasins, certaines boutiques vendent des mugs à l’effigie de dictateurs, comme un célèbre moustachu de la seconde guerre mondiale ou des bouteilles de formes très suggestives…
Le soleil excessif a fait renoncer Elisabeth et Théo à sortir. Ils ont préféré profiter de la terrasse à l’ombre avec Yann et Demian.
À 11h30, c’est la réunion d’équipe habituelle. Bizarrement, il n’y a rien sur le premier échiquier adverse mais pleins de parties pour les suivants. On a même 2 parties pour l’échiquier 4 qui est redevenu non classé FIDE.
Au menu du midi, wrap au jambon fumé en entrée.
genette avec de la chair à saucisses, pâtes bolognaise ou risotto tout rose en plat 1.
Boulettes de viandes, sardines ou oeufs en plat 2.
tarte aux pommes, fruits ou sorbet café
À 15h, début de la ronde.
Mathieu et Théo ont inversé leurs tables pour que l’adversaire de Mathieu ait des conditions de jeu qui lui convienne plus.
Au 4ème échiquier, Olivier subit un système Ruiz. Il avance tranquillement pour enfermer un Fou, lance une attaque à l’aile Roi et finit à l’aile Dame. Son adversaire tombe au temps dans une position désespérée.
Au 3ème, Théo n’a pas une bonne position. Il finit par lancer une attaque à l’aile Roi qui marche. Son adversaire abandonne à quelques coups du mat.
Au deuxième, Mathieu se loupe et subit une énorme attaque;. Heureusement, son adversaire accepte l’échange des Dames à cause de son manque de temps. Les pièces continuent à s’échanger. La finale de Tours qui en résulte est plus ou moins égale. Mathieu essaye de mettre la pression sur un pion isolé mais son adversaire trouve les bons coups. La situation se bloque et les coups se répètent. Nulle.
À noter que Mathieu a cru que son adversaire était tombé au coup 38. C’est ce qui arrive quand on compte 2 fois les coups 32, 33 et 34…
Au 1er, Yann a une partie équilibrée pendant longtemps. Il est sans doute mieux mais n’insiste pas à la fin devant la résistance de son adversaire. Il fait nulle peu après Mathieu.
Au final, une belle victoire 3 à 1.
On a tous fini à 19h.
Italy 2 vs France 1-3
Badano, Giancarlo – Thevenet, Yann 1/2-1/2
Dufort, Mathieu – Poli, Diego 1/2-1/2
Pezzolato, Erica – Ambrosino, Theo 0-1
Deville, Olivier – Ionata, Lorenzo 1-0
Dans les autres matches, L’Italie a battu la Suède 3 à 1 et la Slovénie a battu les Pays-Bas 3,5 à 0,5.
Classement après la ronde 4
N Équipe MPL Matches Played GP Game Points MP Match Points
1 italie 1 4 13.5 8
2 France 4 11 6
3 Slovenie 4 10.5 6
4 Suède 4 7.5 2
5 italie 2 4 4.5 2
6 Pays-Bas 4 1 0
Nous sommes déjà sûrs d’être sur le podium.
Notre dernier match est contre l’Italie 1. Pour avoir une chance de gagner le tournoi, il faut les battre et sur un gros score (au moins 3,5 à 0,5). Ça ne va pas être facile.
Au menu ce soir, une espèce de quiche un peu liquide.
Pâtes à la crème, à la bolognaise ou crêpe végétarienne en plat 1.
Épaule d’agneau en sauce avec des patates ou poisson en plat 2.
Tiramitsu aux fruits rouges ou fruits ou sorbet.
La soirée est égayée par un nouveau groupe musical qui nous donnes bien envie de chanter et danser.
C’est un carton repris en coeur par tous les italiens quand c’est le tour de la chanson “Romania”.
Quelques joueurs et accompagnateurs restent jusqu’à la fin pour profiter. D’autres préfèrent aller ce coucher pour reprendre des forces.
À bientôt pour le dénouement.
Mathieu, pour l’équipe.